Histoire, Pédagogie

Comment les patronages ont démocratisé la pratique sportive

Actualité

En ce mois de juin 2026, l’intention du Pape Léon XIV est tournée vers le monde du foot, au moment du lancement de la Coupe du Monde.

Il nous invite à prier pour que le sport soit un espace de dialogue et de rencontre entre les nations, afin qu’il soit «école de fraternité, instrument de paix et espace de rencontre». Le pape prie pour que les valeurs du sport soient toujours des valeurs qui promeuvent le respect, la solidarité et l’esprit de dépassement de soi.

Développement intégral

Le sport est un outil éducatif très complet, qui dans les patronages prend une dimension intégrale (cf article sport et patronages).

Historiquement, la pratique sportive a toujours eu une place particulière dans les patronages. Si les œuvres de jeunesse ont toujours eu comme but la formation de la jeunesse, elles se sont déployées dans un siècle où la formation prémilitaire avait une place très importante. De plus, le sport a toujours été une pratique qui attire la jeunesse, comme le précise le manuel des œuvres Nos Jeunes. L’éducation physique a donc toujours eu une place importante dans l’organisation d’une œuvre.

Le sport est présenté comme un outil pour fortifier la volonté des jeunes gens, car dans la pratique sportive, il faut fournir des efforts parfois pénibles en résistant à la fatigue. Ainsi, en faisant preuve de courage face à la fatigue, les jeunes fortifient leur volonté devant les tentations.

Le sport permet de développer un sens de la loyauté, en étant une école du respect des règles, où la triche n’est pas admise.

Le sport est un lieu de défoulement qui permet de se dépenser sainement et ainsi maîtriser ses passions.

Il est un apprentissage de la vie sociale, en particulier dans les sports collectifs. Un joueur doit trouver sa place dans l’équipe, afin de garder un équilibre dans le jeu. Il est obligé de jouer avec ses coéquipiers pour pouvoir l’emporter.

Au sein des patronages, la pratique sportive s’est peu à peu développée et s’est structurée en méthode de formation de la jeunesse. Le manuel des œuvres présentent ainsi les différentes méthodes développées autour de la pratique sportive. Il parle de la méthode Hébert (cf article hébertisme), mais aussi de celle portée par la Fédération gymnastique et sportive des Patronages de France (FGSPF).

C’est par l’intermédiaire de cette fédération que des millions d’enfants ont eu accès à une formation gymnique et sportive.

La Fédération gymnastique et sportive de France

En 1891, l’encyclique RERUM NOVARUM du pape Léon XIII à l’origine de la Doctrine Sociale de l’Eglise conforte les catholiques à développer leurs œuvres de jeunesse.

En parallèle l’Union des sociétés de gymnastique de France très anticléricale, pousse Paul Michaux à lancer l’Union des sociétés de gymnastique et d’instruction militaire des patronages et œuvres de jeunesse de France (USGIMPOJF) remplacé, en octobre 1901, par une Fédération des sociétés catholiques de gymnastique (FSCG)..

Très vite l’activité de la fédération est élargie pour y intégrer des sports, comme le football (1901). Ainsi, la fédération devient en 1903 la Fédération gymnastique et sportive des patronages de France (FGSPF).

Cette fédération va se développer considérablement pour devenir un outil de démocratisation du sport, par l’organisation de rencontre inter patronage qui vont se structurer en tournois régionaux puis nationaux dans différents sports. Cette fédération rassemble de nombreuses unions sportives.
La FGSPF a été le groupement d’éducation physique le plus nombreux dans l’entre deux guerres, avec plus de 1000 concours en trente ans depuis sa création, représentant environ trois millions d’hommes.

Une revue pour les patronages

La FGSPF publiait également depuis sa création un journal à destination de tous les patronages membres : le journal les jeunes. Cette revue hebdomadaire, permettait de donner les actualités sportives mais aussi de donner des orientations pour l’organisation de la gymnastique, des sports et de la préparation militaire. Il était un outil d’éducation religieuse, morale et intellectuelle.

Les vision de la FGSPF

Dans ces statuts, la FGSPF présente la nécessité du temps de développer les forces physiques et morales permettant de constituer des hommes robustes et des soldats vaillants. Cette fédération est donc lancée dans un contexte de formation physique et morale de la jeunesse et de sa pré-militarisation. La pratique du sport a pour but de constituer des “belles âmes dans des beaux corps”.

La formation physique permet de fortifier la santé, mais permet aussi d’exiger des jeunes gens la discipline. Le sport crée un sentiment d’appartenance à l’œuvre.

La FGSPF présente les 3 domaines de pratiques sportives dans les patronages :

  1. Les temps de jeux de patronages, où les jeunes se dépensent et font preuve d’agilité, de rapidité, de précision etc…
  2. La gymnastique, qui désigne l’ensemble des mouvements guidés par un moniteur, ayant pour but l’activité physique en elle-même. Celle-ci fait partie intégrante de la formation des jeunes, il s’agit d’exercices méthodiques ayant pour but le développement complet et harmonieux du corps en développant l’adresse, la souplesse, la vitesse, la force…
  3. Les sports, pour la raison suivante qu’ils sont ”en vogue” ce qui les rends “indispensables à l’œuvre”. Parmi ces sports pratiqués dans les patronages, certains sont accessibles par leur aspect peu coûteux : l’athlétisme, le football, le basket, la natation, la pelote basque ou encore la boxe. D’autres sports plus luxueux sont pratiqués comme l’escrime ou le tennis.

La FGSPF a pris le nom de Fédération sportive et culturelle de France en 1968. Cette fédération est aujourd’hui toujours un acteur important de l’éducation populaire en France par les patronages.

Ainsi, un lien historique uni les patronages à la pratique sportive. C’est dans cette démarche qu’aujourd’hui encore, le patronage est un lieu privilégié pour la formation des sportifs. Il permet d’avoir une approche intégrale de la formation en liant la formation physique à la formation humaine du cœur, dans des lieux où se vivent la fraternité.

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